Aller au contenu principal

La collection d'œufs

Dès 1860, la Société d’Histoire naturelle et d’Ethnographie de Colmar a réuni une importante collection d'œufs, dont ne subsistent aujourd’hui que quelques exemplaires.

Dès 1860, une collection d’œufs et de nids d’oiseaux récoltée puis offerte par Monsieur Traut, inspecteur-voyer de la Ville, est exposée pour le plaisir et l’intérêt du public. En 1865, Monsieur Doyen offre une collection d’œufs de 40 espèces. En 1867, un ensemble d’œufs de 260 espèces est acheté au marchand d’objets naturalistes Schleiter-Halle. En 1875, une autre collection est acquise comptabilisant 226 espèces. Les collections sont présentées à l’époque dans le cloitre du couvent des Unterlinden où le Musée d’Histoire naturelle est implanté. En 1877, une vitrine table est installée dans la Galerie Ouest pour exposer la collection d’œufs, puis en 1898-99, une nouvelle vitrine murale, placée entre deux fenêtres de la Grande Salle.

Gustav Schneider fils, naturaliste bâlois, correspondant de la Société, réalise à cette époque un inventaire complet de la collection. Elle est alors évaluée à 1 159 œufs, représentant 287 espèces, dont 142 nicheuses en Alsace sur les 147 alors connues ! Manquent alors sur cette liste, des œufs de Balbuzard, Corbeau noir, Casse-noix, Gelinotte et Fauvette aquatique. C’est à cette occasion que sont rédigées les étiquettes à bords colorés visibles ici : bleu pour les espèces nichant en Alsace, vert pour les espèces européennes, rouge pour les espèces extra-européennes.

La destinée de cette collection est malheureusement bien funeste puisqu’elle est presque entièrement détruite au cours de la Seconde Guerre mondiale, lors de la fermeture du Musée d’Histoire naturelle par les autorités allemandes. Mal entreposées dans des caisses, les fragiles coquilles auraient été écrasées par d’autres objets plus lourds… Ne subsistent aujourd’hui que les quelques exemplaires visibles sur la photographie.

Il est aujourd’hui difficile de reconstituer une telle collection car la collecte d’œufs d’espèces protégées est rigoureusement interdite. La disparition de 30% de la biomasse des oiseaux depuis 15 ans à peine, montre à quel point ces espèces sont en danger, en particulier les petits passereaux qui nichent près de chez nous.

 

 

Back to top